Chers élèves,
La semaine dernière, j’ai eu la joie de transmettre aux débutants les premiers enseignements du Prānāyāma, l’art du souffle conscient.
Cette pratique, à la fois subtile et puissante, ouvre la voie vers une meilleure connaissance de Soi et une plus grande harmonie intérieure.
LE PRĀNĀYĀMA
Approfondir l’art du souffle :
Le mot prānāyāma est formé de deux termes sanskrits : prāna, qui désigne l’énergie vitale, et yama, qui signifie le contrôle ou la maîtrise. Le prānāyāma consiste ainsi à diriger et à équilibrer le souffle, véritable véhicule de l’énergie vitale. Cette pratique vise à réguler et à harmoniser la respiration en portant une attention consciente à l’inspiration, à l’expiration et aux pauses qui les séparent.
Ainsi, Prānāyāma n’est pas simplement un exercice de respiration : c’est une science du souffle, une exploration consciente de l’énergie qui nous traverse.

En 1976, T.K.V DESIKACHAR nous enseignait le Yoga :
Texte extrait du livre : Entretiens sur la théorie et la pratique.
« L’attitude mentale est très importante dans la pratique du prānāyāma Dans le prānāyāma, il n'y a pas de mouvement du corps que l'on puisse voir et on est surtout concerné par ce que l'on ressent. Le seul élément dynamique dans le prānāyāma c'est le souffle. Cependant, il faut avoir la même qualité d'attention dans le prānāyāma que dans l’āsana. Poursuivre le mouvement du souffle, on doit sentir l'inspir d'abord au niveau des clavicules puis jusqu'au diaphragme. Pendant l'expir c'est le contraire, on débute avec la contraction de l'abdomen. C'est une manière simple pour se concentrer sur le souffle. »
« Bien qu'il y ait de nombreuses autres techniques, on se contentera de suivre simplement le mouvement du souffle. Une autre technique accessible quand on débute consiste à sentir seulement le passage du souffle là où il pénètre et où il ressort. Se concentrer sur le passage du souffle dans les narines implique que l'on utilise la technique par narine alternée pour y produire le son. Le son n'est qu'une vibration influencée par le flot de l'air. On essaie dans ce cas-là de maintenir une intensité de son uniforme. On peut aussi suivre le souffle grâce au son dans la gorge. Ces suggestions permettent de rester en contact avec ce que l'on est en train de faire, car autrement, les exercices de prānāyāma deviendraient mécaniques. »
« Le rythme choisi pour l'inspir et l'expir est même moins important que le niveau d'attention porté au souffle. La durée n'est rien de plus qu'un moyen pour nous aider à rester attentif au cours du prānāyāma. Les différentes techniques et les différents rythmes proposés ont pour objet de présenter une variété d'approches qui permettent de mieux observer le souffle. Quand on l'observe, cela conduit l'esprit à être de plus en plus plongé dans cette activité d'observation. Ce concept dans le prānāyāma nous prépare au dhyâna (la méditation), l’esprit est prêt à aller dans une seule direction. »
Les bienfaits du Prānāyāma
Pratiqué régulièrement, le Prānāyāma agit en profondeur sur le corps, le mental et l’émotionnel.
Il apaise le système nerveux, améliore la concentration, clarifie l’esprit et renforce la vitalité.
En rééquilibrant la respiration, il aide aussi à libérer les tensions accumulées et à installer une sensation durable de calme intérieur.
C’est une véritable porte d’entrée vers la méditation
Décompte du nombre de respirations dans le prānāyāma
Selon la tradition, une pratique de Prānāyāma doit comporter au moins douze respirations. Ce nombre trouve son origine dans un ancien système indien de comptage à l’aide des doigts. En effet, chaque main — en excluant le pouce — présente douze segments de phalanges. Le décompte débute lorsque le pouce se pose sur la phalange inférieure de l’index, puis se poursuit, phalange après phalange, jusqu’à la douzième, suivant la méthode suivante :
Le pouce commence au 1 et se déplace jusqu'au 2, etc.
Texte extrait du livre : Entretiens sur la théorie et la pratique.
« Le corps à normalement un rythme respiratoire propre dont on n'est pas conscient. Le fait de compter permet de s'impliquer consciemment dans la respiration. Certaines personnes disent que le prānāyāma c'est ennuyeux. Elles disent que s'asseoir pour pratiquer seulement des exercices respiratoires, c'est tout à fait ridicule. Elles semblent trouver une plus grande stimulation dans les postures qui présentent un résultat plus visible en termes d'apparence. Malgré tout, lorsqu'on s'engage totalement dans le prānāyāma, se soucie-t-on encore des nombres et des rythmes ? Le nombre et le genre de respirations, les rythmes et les autres techniques sont des moyens seulement et non pas un objectif final. L'objectif final, c'est de ne plus avoir besoin d'aucune technique. Si on peut être attentif au souffle simplement en tant que témoin dynamique de la respiration, c'est du prānāyāma, c'est le prānāyāma suprême. Mais c'est plus facile à dire qu’à faire. »
T.K.V DESIKACHAR

En conclusion
Le Prānāyāma nous apprend à respirer la vie pleinement, à ressentir le lien intime entre le souffle, le corps et l’esprit.
À travers chaque inspiration et chaque expiration, nous explorons un peu plus la profondeur du vivant en nous.
Respirer, c’est se relier. C’est revenir à soi, à l’instant, à la source.

Sortie à la Sainte-Baume
Comme chaque année, nous vous donnons rendez-vous pour notre traditionnelle montée à la Sainte-Baume le samedi 1er novembre 2025.
Nous grimperons ensemble jusqu’à la grotte de Marie-Madeleine, puis partagerons un moment de convivialité autour d’un repas.
Le programme détaillé suivra bientôt — pensez à bloquer la date !

Que votre semaine soit remplie de sérénité et d’énergie positive grâce au Yoga !





Ajouter un commentaire