Chers élèves,
Après ces trois semaines passées à explorer les postures inversées et à regarder le monde la tête en bas, nous retrouverons cette semaine la terre sous nos pieds… ou plutôt sous un seul.
Nous irons à la rencontre de Natarājāsana , la posture du Seigneur de la Danse : une posture d’équilibre qui invite à la stabilité, à l’ouverture et à la légèreté du mouvement.
Si cette posture peut sembler plus accessible aux plus jeunes, chacun pourra néanmoins l’aborder grâce à différentes adaptations. Il sera toujours possible de s’aider d’un mur, d’une barre ou de tout autre support. L’essentiel n’est pas la performance, mais d’entrer dans le mouvement et d’en explorer l’équilibre selon ses propres possibilités.

Natarājāsana
Étymologie :
Le mot Natarājāsana (नटराजासन) vient du sanskrit :
नट (Naṭa), « danseur »,
राज (Rāja), « roi »,
et आसन (Āsana), « posture ».
Symbolisme :
Nataraja est l’une des expressions les plus profondes de Shiva. Il manifeste Parameśvara, la Réalité suprême d’où émanent la puissance, l’énergie et la vie qui se déploient dans l’univers manifesté. Shiva y apparaît comme la conscience absolue, à la fois immobile et dynamique, indifférenciée et pourtant se révélant à travers les 24 ou 36 tattva, les principes qui constituent la trame de la réalité.
Sous cette forme, Shiva est aussi celui qui dissipe l’ignorance et dissout l’ego, permettant à la conscience de se reconnaître dans son unité originelle, le SOI.
La danse de Nataraja est la vibration primordiale du cosmos. Elle est la pulsation de la vie, la résonance de toute lumière surgissant du silence et de l’immobilité. Dans cette danse échevelée où les contraires se rencontrent et se réconcilient, se révèle le mouvement universel et perpétuel d’où naissent et où se résorbent toutes choses.

Au cœur de cette danse demeure l’unité impérissable du Soi, présence silencieuse qui soutient et traverse toute manifestation.
Dans cette danse cosmique, Shiva accomplit les cinq fonctions divines évoquées dans le Śivapurāṇa, qui expriment le rythme éternel du monde :
1. La création (Sarga)
2. La préservation (Sthiti)
3. La dissolution (Saṃhāra)
4. Le voilement, par lequel la conscience se cache à elle-même (Tirobhāva)
5. La grâce libératrice, qui révèle la vérité et conduit à la délivrance (Anugraha)
Ainsi, la danse de Nataraja nous rappelle que tout mouvement du monde naît d’une immobilité profonde et y retourne : au cœur du changement demeure l’éternelle présence du Soi.
« La danse de Shiva est la danse de l’univers. Elle est la source de tout mouvement dans le cosmos et le rythme même de la création et de la destruction. »
La posture de Natarajasana s’inspire de la danse cosmique de Shiva Nataraja, le Seigneur de la Danse. Dans la tradition indienne, Shiva danse au cœur de l’univers. Sa danse n’est pas seulement un mouvement : elle est la vibration même de la création, le rythme par lequel les mondes apparaissent, se transforment et retournent au silence.
Dans Natarajasana, le pratiquant devient l’écho de cette danse cosmique. Un pied s’enracine profondément dans la terre tandis que l’autre s’élève vers l’arrière, ouvrant la poitrine et étendant le corps dans l’espace. Entre stabilité et expansion, le corps exprime l’équilibre subtil entre l’immobilité intérieure et le mouvement de la vie.
Ainsi, la posture devient une méditation vivante. Elle rappelle que, comme dans la danse de Shiva, la vie est un mouvement perpétuel où les contraires se rencontrent : force et grâce, effort et abandon, enracinement et élévation.
Dans cet équilibre fragile et lumineux, le yogi ne cherche plus seulement à tenir une posture : il entre dans la danse du monde.

Effets :
· Renforce les jambes, les chevilles, les genoux, les hanches.· Renforce le dos, les épaules, le cou, ouvre la poitrine et les poumons,
· Tonifie les muscles pectoraux et intercostaux, étire et renforce les muscles abdominaux.
· Stimule la digestion, aide à soulager la constipation.
· Irrigue les reins, aide à éliminer les toxines.
· Revitalise les glandes surrénales, le pancréas, la thyroïde, les gonades (glandes sexuelles).
· Développe la concentration, la coordination, accroît l’équilibre du corps.
· Améliore la confiance et l’enracinement.
Précautions
Tenir moins longtemps en cas de :
- Hypertension et problèmes cardiaques ;
- Désordre du système nerveux ;
- Pendant les règles, la grossesse (durant le premier trimestre ou si des problèmes surviennent).
- Genoux faibles : garder le genou qui supporte détendu pour éviter de l’hyper-extension.
- Faiblesse des muscles du dos : flexion dorsale arrière minimale.

Contre-indications :
. Blessure ou inflammation des chevilles, genoux, hanches, dos, épaules.
Je vous souhaite une excellente pratique !






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