Chers élèves,
Cette semaine, nous pratiquerons deux postures qui peuvent être très confortables pour certaines et plus délicates pour d’autres : Virāsana et Tiryangmukha Eka Pada Paścimatānāsana.
Des adaptations seront proposées afin que chacun puisse pratiquer avec respect, douceur et conscience de ses limites. Des supports (brique, sangle, coussin) permettront à chacun de trouver une version confortable et respectueuse de son corps, en particulier pour les genoux, les hanches ou les ischio-jambiers et quadriceps sensibles.
VĪRĀSANA

Étymologie de Virāsana
- vīra : héros, force vitale, courage
- āsana : posture
Virāsana est une posture d’ancrage et de stabilité intérieure. Elle favorise une assise calme, une respiration fluide et une présence attentive.
Derrière sa simplicité apparente, elle nous invite à observer nos résistances, à relâcher les tensions dans les hanches et les genoux, et à cultiver la patience.
« Est un héros celui qui contrôle ses sens, qui prononce des paroles conformes à la vérité, et qui a offert sur l’autel de la dévotion, l’envie et les autres passions. »
Dans cette posture, le véritable effort n’est pas musculaire mais intérieur : apprendre à s’installer dans l’immobilité consciente.

Adaptation
Tiryangmukha Eka Pada Paścimatānāsana — l’étirement en profondeur

Étymologie
- tiryangmukha : orienté de côté
- eka : un
- pada : jambe
- paścima : l’arrière du corps
- āsana : posture
Cette posture est une flexion avant asymétrique qui étire intensément l’arrière de la jambe tendue, les hanches et la colonne vertébrale.
Elle demande de la douceur, une respiration consciente et une attention particulière aux genoux et au bassin.

Symbolisme :
Le grand poème épique indien, le Mahābhārata, relate les exploits de nombreux héros et guerriers, parmi lesquels l’un des plus illustres est Bhīshma, maître et instructeur des Kaurava comme des Pāndava.
Guerrier d’une bravoure exceptionnelle, Bhīshma menait ses troupes avec une stratégie et un héroïsme tels que l’armée des Pāndava ne parvenait pas à lui résister. Acculés, ils envoyèrent leur chef, Yudhishthira, à sa rencontre pour implorer son aide :
« Ô vénérable guru, aide-nous, car notre cause est juste. »
Connaissant la vérité de leur combat, Bhīshma répondit avec droiture : « Si vous voulez remporter la bataille, vous devrez d’abord me vaincre. Il n’existe qu’un seul moyen d’y parvenir : je ne combats jamais une femme. Envoyez donc une femme contre moi. »
Le lendemain, les Pāndava avancèrent une guerrière nommée Shikhandī en première ligne. Derrière elle se tenait Arjuna sur son char. Fidèle à son serment, Bhīshma refusa de lever les armes contre elle. Arjuna saisit alors cet instant et décocha une pluie de flèches qui fit tomber le grand guerrier.
Ainsi, Virāsana ne symbolise pas seulement la force physique, mais surtout :
- le courage moral
- la fidélité à ses principes
- la maîtrise de soi, même face à la défaite
Elle nous rappelle que le véritable héroïsme yogique réside dans la droiture intérieure, la conscience de nos valeurs et la capacité à rester stable au cœur de l’épreuve.
Effets :
· rectifie et fortifie la colonne vertébrale, surtout dorsale
· agit principalement du triangle inférieur de l’abdomen (trika) vers le thorax (uras)
· améliore la concentration en apaisant les vagues du mental
· rééquilibre l’effet de rotation externe de hanche sur le genou ; de nombreux Occidentaux veulent très tôt s’asseoir en tailleur, voire en lotus alors qu’ils ne sont pas habitués comme les indiens à s’asseoir en tailleur sur le sol. Cette tendance entraîne de fréquentes douleurs au niveau du ménisque interne dans sa loge par un excès de compression dû à un manque de rotation externe de la hanche. Vīrāsana entraîne à l’inverse une rotation interne du fémur.
· Pratiquée régulièrement, cette posture maintient l’équilibre de la hanche.
· En flexion avant :
• réduit l’hypertension artérielle nerveuse
• stimule le drainage lymphatique
Contre-indications :
. varices proéminentes
. flexion des genoux réduite et douloureuse
. les douleurs de hanche aggravées par la rotation interne du fémur
. posture formellement déconseillée lorsqu’il y a une prothèse de hanche
. durant la grossesse dès le 4e mois
La posture classique :
· posture à genoux, les genoux joints, assis entre les talons
· cheville en extension, pieds pointés vers l’arrière
· tronc redressé et vertical, menton rentré, nuque étirée (jālandhara bandha)
· paumes des mains sur le bas des cuisses
· les yeux fermés comme toute posture assise
Ces deux postures, bien que très différentes, se complètent :
l’une nous stabilise et nous centre, l’autre nous invite à lâcher prise et à nous tourner vers l’intérieur.
A u plaisir de pratiquer ensemble dans la présence et la bienveillance





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