Yoga semaine 20

Chers élèves,

Comme je vous l'avais annoncé, nous effectuerons le jour de l'ascension jeudi 14 mai 2026 notre balade à la Sainte-Baume jusqu'à la grotte de Marie-Madeleine. Celles et ceux qui veulent nous rejoindre prévenez-moi par SMS.

Il serait difficile de conclure une année de yoga sans explorer la célèbre — et parfois redoutée — posture sur la tête, « Śīrṣāsana » (Ś se prononce che).

Bien entendu, seule une partie d’entre vous pourra peut-être accéder pleinement à cette posture. Mais chacun trouvera sa place et ses bénéfices dans le déroulement de la séance, grâce aux adaptations et aux différentes étapes proposées.

SĀLAMBA ŚĪRṢĀSANA

सालम्ब शीर्षासन

Etymologie :

  • सालम्ब (sālamba)
    • préfixe सा () = « avec »
    • आलम्ब / आलम्बन (ālamba / ālambana) = « support », « appui », « soutien »
      → sālamba signifie donc : « avec support », « soutenu ».
  • शीर्ष (śīrṣa) = « tête »
  • आसन (āsana) = « posture », « siège »

Le terme complet signifie donc littéralement :

« la posture sur la tête avec support »

Dans la tradition du yoga, cela désigne la posture sur la tête réalisée avec l’appui des avant-bras et des mains, par opposition à निर्लम्ब शीर्षासन (nirālamba śīrṣāsana), la posture sur la tête « sans support ».

Symbolique de Śīrṣāsana

Salamba Sirsasana est traditionnellement considérée comme l’un des sommets de la pratique du yoga. Plus qu’une simple posture inversée, elle incarne les qualités essentielles cultivées par le yoga : stabilité, maîtrise, lucidité, concentration, courage et dépassement de soi.

Sa symbolique peut être rapprochée de la tradition védique, notamment du récit reliant Rāvana, le souverain démoniaque de Laṅkā, à Śiva, le dieu propice.

La mère de Rāvana vouait un culte fervent à Śiva, représenté par son liṅga. Un jour, ce dernier fut dérobé. Profondément touché par la douleur de sa mère, Rāvana lui promit de lui rapporter un nouveau liṅga. Il entreprit alors une longue ascèse vers l’Himalaya. Là, il pratiqua de redoutables austérités : il alluma cinq grands feux et demeura en Śīrṣāsana au milieu des flammes. Selon la légende, il soutint cette pénitence durant dix mille ans. Satisfait par une telle détermination, Śiva accepta d’exaucer trois de ses demandes, dont celle d’offrir un liṅga à sa mère.

Cependant, Rāvana, emporté par l’orgueil né de sa puissance spirituelle, commit plusieurs fautes qui lui firent perdre les bénéfices acquis par son ascèse. Le récit rappelle ainsi qu’une grande maîtrise extérieure ne garantit pas la libération intérieure.

Śīrṣāsana symbolise donc la maîtrise par excellence : union de la force et de la souplesse, de la vigilance et du relâchement, de la concentration et du calme. Dans cette posture, la moindre distraction peut entraîner la chute ; elle exige une présence totale et une véritable gestion de la peur.

Mais cette puissance comporte aussi un danger subtil : celui de glisser d’un ego clarifié et structurant — asmitā-samādhi (Yoga-Sūtra IV.4) — vers un ego obscurci et possessif — asmitā-kleśa (Yoga-Sūtra II.6). La posture devient alors un miroir du pratiquant : elle révèle autant ses capacités que ses attachements.

Comme toutes les postures inversées, Śīrṣāsana est également associée au renversement du cours ordinaire de l’énergie vitale. Dans la symbolique yogique, elle ralentit l’écoulement d’amṛtam (अमृतम्), « l’élixir d’immortalité ». Le feu intérieur, au lieu de consumer cet élixir précieux, se retourne alors vers les impuretés accumulées dans les parties inférieures du corps et de l’être. La posture devient ainsi un acte de transformation intérieure et de purification.

La posture :

·         Les yeux fermés

·         Posture inversée symétrique

·         Appui sur le dessus de la tête et les avant-bras

·         Doigts entrelacés tenant la tête, coudes rapprochés

·         Tronc et membres inférieurs dressés verticalement, genoux droits

Points de concentration :

En arrière du centre des sourcils bhrūmadhya en priorité, mais aussi, selon les besoins, nāsāgrai dans le prolongement de la pointe du nez, kaṇṭha, la gorge ou encore tāraka le point d’horizon.

Effets :

·          Défatigue

·          Meilleure posture pour augmenter l’élimination

·          Réduit les douleurs dans l’aine dues aux diarrhées

·          Améliore l’assimilation

·          Améliore la circulation sanguine et lymphatique, lutte contre les varices

·          Bon pour le système nerveux

·          Guérit les troubles ovariens, les fibromes, la prostate en rééquilibrant les fonctions

·          Rééquilibre les fonctions endocrines

·          Soulage l’herpès, les ulcères et les colites

·          Améliore la mémoire, les fonctions intellectuelles, la concentration

Contre-indications :

.         Arthrose cervicale et tout problème cervical

.         Périarthrite d’épaule

.         Hypertension oculaire et/ou générale

.         Fragilité des yeux et notamment rétinienne

.         Asthme

.         Insuffisance cardiaque

.         Sifflements d’oreilles, acouphènes

.         Dépression

.         Durant les règles

.         Grossesse

.         Si hyperthyroïdie, remplacer par viparīta karaṇi

Sylvie B 2025

Je vous souhaite une bonne pratique et de confortables adaptations pour celles et ceux qui malheureusement n’ont plus la possibilité de pratiquer cette magnifique posture.

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